Le plaisir comme Boussole




Petite recette pour transformer sa passion en devoir.


Ca fait un bon moment que j’ai arrêté de dessiner “pour moi”, parce que c’était devenu un devoir.


Ce que je faisais n’était simplement pas ASSEZ : mes dessins n’étaient pas assez bien, je n’allais pas assez vite, je ne produisais pas assez, je n’y passais pas assez de temps, je ne m’améliorais pas assez rapidement. Je devais toujours faire plus, donner plus, apprendre plus, et surtout porter la culpabilité quand je n’avais pas le temps ou l’énergie de le faire. Je voulais avoir le talent, la discipline de ceux qui avançaient plus vite et plus loin que moi. Même si j’étais bien loin de dessiner tous les jours dans la réalité, cette injonction était nichée en permanence dans un coin de ma tête. C’est comme ça que ma passion s’est transformée en devoir “Il faut, je dois”...


Et puis c’était trop, et ça a lâché. Il n’y avait plus assez de place pour le plaisir là-dedans et je me suis naturellement tournée vers des choses qui me mettaient en meilleure énergie.


De plus en plus, je me suis accordé plus de compassion, j’ai lâché la culpabilité de ne pas dessiner, et je me suis autorisée à faire ce dont j’avais envie pendant mes “temps libres”. Ca a pris du temps, j’ai recréé un espace de plaisirs spontanés, un espace de “rien”. Juste d’Etre au lieu de Faire. Et petit à petit, je sens que l’énergie est en train de revenir. L’envie est là. Je me lève certains matins avec une envie folle de dessiner, comme à mes débuts!

Je veux maintenant faire attention à ne plus forcer, à me laisser de l’espace pour créer spontanément, quand j’en ai envie.


Je serais curieuse de savoir si d’autres artistes ont ressenti ça. J’ai l’impression qu’on est beaucoup à se mettre énormément la pression (notamment au sortir des études).


"Parce que ça me fait du bien” : c’est la meilleure raison du monde. - Marjolaine Gailly